Un comité fondateur de sept membres a été formé au cours d’un congrès tenu au Commodore

Le nouveau Parti libanais de l’environnement en pleine gestation

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Le processus de création du nouveau Parti libanais de l’environnement (LEP) a été mis sur les rails lors d’un congrès qui s’est tenu à l’Hôtel Commodore dimanche, en présence d’un grand nombre de futurs membres et de sympathisants, du Liban et de l’étranger. Au cours du congrès, les sept membres du comité fondateur au nom desquels une notification sera déposée au ministère de l’Intérieur ont été désignés par le groupe de participants. Il s’agit des militants écologistes Habib Maalouf, Zoubeida Yahfoufi, Bassam Qantar, Amer Mlaheb, Majed Baalbacki, Basma Chibani et Antoine Daher.

Le congrès, qui était financé par l’association Friedrich Ebert, a fourni une occasion de dialogue entre les écologistes présents (issus de la société civile pour la plupart) sur les objectifs du futur parti et son statut interne, les valeurs et les principes sur lesquels il reposera, les principaux titres de son programme ainsi que, tout simplement, sa raison d’être, au vu de la dégradation de l’environnement dans le pays.

Habib Maalouf a toutefois rappelé qu’une seule journée de discussions ne suffisait pas à faire le tour de la question et que la préparation au lancement du parti et à la rédaction de son programme était une affaire longue et laborieuse “ qui nous prendra au moins une année ”. Il a souligné que “ le démarrage du processus de la création du parti a lieu à ce moment parce qu’il fallait mettre le projet sur les rails un jour, et que les militants sont impatients d’entamer le travail ”. “ Il ne faut pas oublier toutefois que l’idée fait son chemin dans l’esprit de ses concepteurs depuis quelque dix ans, et que plusieurs tentatives précédentes n’avaient pas donné le résultat escompté ”, a-t-il ajouté.

M. Maalouf a par ailleurs tenu à préciser, en réponse à une question : “ Nous ne profitons pas d’une conjoncture politique quelconque. Dans le principe, nous notifions les autorités du lancement de notre action, nous n’attendons pas un feu vert d’elles. ” Les sept membres du comité fondateur, eux, seront davantage concernés que les autres par la préparation des documents et l’organisation des futures réunions. Ils se sont engagés à donner de leur temps de manière bénévole et à abandonner toute autre activité de nature politique.

Le futur LEP, vu la globalité de la cause qui justifie sa création, se veut un parti d’envergure nationale, laïc et non-confessionnel, susceptible d’introduire un changement radical dans la mentalité et les comportements sociaux, économiques et politiques (qui ont souvent été la cause de la dégradation écologique). Les participants à la réunion ont insisté sur “ l’importance du dialogue et du caractère démocratique de la future formation ”. Le nouveau parti ne sera pas simplement, espèrent-ils, un élément à ajouter au paysage politique libanais, mais “ un vrai facteur de changement qui se fonde sur une idéologie bien définie ”.

Il faut préciser que les écologistes qui ont travaillé à la création de ce parti sont pour la plupart issus de la société civile, notamment des ONG environnementales. Ils expliquent le changement dans la nature de leur action par leur conviction que, désormais, “ le traitement des dossiers environnementaux épineux devra passer par un militantisme de nature politique, qui fasse pression de manière plus efficace sur les autorités et contribue à la sensibilisation des citoyens ”.

INTERTITRE : Valeurs, principes et programme

Une discussion assez longue et détaillée a porté sur les objectifs du futur parti, qui se proposera de jouer un rôle de premier plan dans l’élaboration de stratégies et politiques nationales pour l’environnement. Fournir des alternatives aux problèmes rencontrés sera également au centre de ses actions. Ce sera par ailleurs une formation qui vise à proposer une vision globale des questions soulevées dans la vie quotidienne des Libanais et dans la politique, et qui travaillera au développement durable.

Les valeurs et les principes sur lesquels repose le parti, tels que proposés par ses fondateurs (ils ont été rassemblés dans un document toujours soumis à la discussion), portent principalement sur le respect de la nature, l’importance de la biodiversité pour une meilleure survie de l’espèce humaine comme des autres, la primauté du développement de la personne sur la possession matérielle (la consommation individuelle menant à une surexploitation des ressources), d’où l’idée de la rationalisation des dépenses. Les idées de volontariat (à la base de l’action écologique) et de dialogue font également partie de la liste des valeurs et des principes.

Plus concrètement, les grandes lignes du futur programme du parti, même si la version finale ne devrait pas être prête avant plusieurs mois, ont également été définies. Elles se basent sur un premier grand principe : la politique perçue comme une “ responsabilité ”, pas un “ jeu ”. On y retrouve la lutte contre le gaspillage dans les domaines de l’environnement, une stratégie de développement durable, la mise en valeur du concept de citoyenneté, la gestion de l’eau, la sécurité alimentaire, le dossier des carrières, les égouts, les énergies alternatives et propres, l’aménagement du territoire, le problème des déchets, la croissance démographique et la répartition des habitants, la gestion des ressources naturelles et la protection de la biodiversité, la pollution de l’air, l’agriculture et l’industrie, l’éducation, la prévention sanitaire, le renforcement du cadre institutionnel…

Pour plus d’informations, il est possible de consulter le site du LEP au : www.lep.homestead.com, ou d’écrire au comité fondateur à l’adresse suivante : lbgrp@yahoo.com.


l'orent le jour

Suzanne BAAKLINI